Présentation du Programme

Aujourd’hui, 14 Septembre 2002,
Fête de la Sainte Croix et pour nous, ici, à Rome, à la RGM, Journée de la Famille Cistercienne, chacun de
vous a reçu un fascicule, avec le programme Observantiae.
Cette fois, nous sommes parvenus au bout d’un assez long chemin, riche de tant
de collaboration, avant, pendant et après la rédaction des 16 dossiers qui
composent ce programme.
L’ensemble représente, selon les
versions, entre 160 et 180 pages. Mais chacun des 16 dossiers saura vite se
faire pardonner la quantité de pages, car elles sont toutes de qualité !
Il existe 6 versions du texte pour le moment, en attendant la fin de la
traduction en japonais. Le texte est disponible en français, anglais, espagnol,
italien, néerlandais, et allemand.
Vous venez donc de
recevoir votre fascicule. La photo de couverture est prise devant la
Bibliothèque historique de Cîteaux : elle représente un moine en coule,
qui dialogue avec un novice sur un chemin de vivante tradition, dans une belle
lumière matinale, image de mouvement, de solidité, d’ombre et de clarté…
Le programme, présenté en
introduction par Dom Bernardo, est construit en trois
parties, précédées d’un prologue très savoureux et tout chargé de sève cistercienne,
qui donne la possibilité de découvrir le sens et la valeur profonde de tout ce
qui suit :
Prologue : par Père Placide Vernet, de
Cîteaux : « Pour nous familiariser avec le mot
« Observances » et faire le lien avec le programme « Exordium » : un parcours à travers la
Règle de Saint Benoît et quelques sermons de Saint Bernard, notamment ceux sur
l’Évangile des noces de Cana. Les six cuves qui seront changées en vin des
noces sont… les observances !
1° partie : du 13e au 16e
siècle :
«Des adaptations nécessaires pour une continuité
voulue» :
§
L’expansion cistercienne aux 12e et 13e siècles : par P.
Francisco Rafael de Pascual,
de Viaceli., Cette partie traite essentiellement de
l’expansion des monastères de moniales, leur liens avec les monastères de
moines, leur vie spirituelle, leurs observances.
§
Continuité et réformes du 12e au 15e
siècles :
par Père Placide, de Cîteaux, avec l’étude de la Bulle « Fulgens sicut stella », et des articles de Paris en 1494.
Suivent quelques exemples de réformes locales au 15e siècle :
Pays-Bas, Flandres, Allemagne du nord, Hongrie.
§
Les congrégations cisterciennes dans la péninsule ibérique : par P. Francisco-Rafael. Ce sont les congrégations de Castille, la
congrégation d’Aragon et de Navarre, la Congrégation du Portugal (Alcobaça).
§
L’histoire de la congrégation cistercienne de Haute-Germanie : par Dom Kassian Lauterer, de Mehrerau. Le
développement historique de cette Congrégation se déroule à travers l’histoire
de la Congrégation cistercienne helvétique, et de la Congrégation Suisse-allemande.
2° partie : 17e au 18e
siècle :
« Des réformateurs et réformatrices à la recherche
d’une authenticité renouvelée » :
§
Naissance de l’Etroite Observance : par Sœur Marie-Paule
Bart, des Bernardines d’Esquermes, à Peruwelz. Ce
dossier aborde la situation de l’Ordre cistercien à l’époque de la Commende,
l’évolution à l’époque du Concile de Trente, le collège Saint-Bernard,
les Feuillants, la naissance proprement dite de l’Etroite Observance, la
querelle des Observances, et la Constitution apostolique « In suprema » en 1666.
§
Une génération de réformatrices : par Monsieur Alain
Guerrier, membre d’Arccis (Association francophone
pour le Rayonnement de la Culture Cistercienne). Ce dossier trace le portrait de
quatre « petites » abbesses, nées toutes les quatre en 1591 :
Jeanne de Courcelle de Pourlan,
abbesse de Tart, Françoise de Nérestang,
abbesse de Mégemont puis de La Bénisson-Dieu,
Angélique Arnauld, abbesse de Port-Royal, et Louyse Perrucard de Ballon, fondatrice des Bernardines réformées
de Savoie. Leur point commun est déjà tout simple, elles ont été
« abbesses » à un âge très précoce, et ont chacune mené ensuite de
main de maître un mouvement de réforme tout à fait considérable, à leur époque.
§
Port-Royal : par S. Marie-Dominique Seguin, de la Grâce-Dieu. On suit dans ce dossier la genèse d’une
réforme, son rayonnement grâce à l’énergie de Mère Angélique Arnaud, les
relations de Port-Royal avec l’Ordre cistercien.
§
Les Bernardines de Suisse : par S. Marie-Bénédicte
Lattion, du monastère de Géronde.
La tradition de Cîteaux est perceptible à travers toutes les adaptations mises
en œuvre par Mère Louyse de Ballon.
§
L’abbé de Rancé et La Trappe au 17e siècle : par Frère Bernard Duymentz, de La Trappe. Plusieurs étapes marquent la
biographie de Rancé, depuis sa jeunesse, sa conversion, le début de sa vie
monastique, son engagement progressif dans la défense de l’Etroite Observance,
enfin le rayonnement de Rancé et de sa réforme de La Trappe. Une annexe rédigée
par Mère Marie-Ange Picon, de la Grâce-Dieu,
retrace brièvement les relations de Port-Royal avec Rancé.
§
La vie cistercienne au siècle des Lumières : le 18e
siècle : par Dom Marie-Gérard. A partir de
l’Europe centrale et orientale, on peut suivre les effets du Joséphisme, la
diminution du nombre des moines dans certains monastères de France, la
polémique à propos des austérités des moines de La Trappe, mais aussi la
ferveur de certains monastères réformés, à la veille de la suppression des
Ordres religieux par la Révolution.
3° partie : 18° et 19° siècles :
« une diversité
croissante dans une fidélité souvent héroïque » :
§
Le monachisme français durant la Révolution, l’épopée de
Dom Augustin de Lestrange : par Dom Marie-Gérard. A partir de La Valsainte,
on suit les traces de l’Odyssée monastique, le retour et les tentatives de
réimplantation de la vie cistercienne, avec la marque très forte de la
référence à La Trappe. On retrace aussi ici l’histoire du monachisme cistercien
dans les Iles britanniques.
§
Les Bernardines d’Esquermes : par Sœur Mary-Colette Jordan, du monastère des Bernardines de Hyning. Comment à partir de trois communautés, de trois
prieures déterminées, ces cisterciennes se sont dépensées pour vivre dans une
continuité voulue, et parfois violemment contrariée par des gens d’Église.
§
Les Congrégations cisterciennes d’Italie : par Sœur Anna-Maria Caneva, de Vitorchiano. En repartant du 15e siècle, de la
fondation de la Congrégation de Saint-Bernard, on
traverse difficultés et oppositions, querelles et renouveau, suppressions et
finalement extinction des monastères par les régimes politiques successifs. La
renaissance survient au 19e siècle, mise à mal par la haine
napoléonienne, mais finalement restructurée par la rédaction de nouvelles
Constitutions, et l’union des représentants des trois observances
trappistes : Westmalle,
Sept-Fons et Melleray.
§
Les congrégations cisterciennes au 19e siècle : par Dom Marie-Gérard. On y retrouve les congrégations dans la
péninsule ibérique, dans les pays germanophones ; la naissance d’une
congrégation spécifique est incluse : celle de la Congrégation de
Sénanque, présentée par Père Jean-Marie Gervais, de Sénanque.
§
Le 19e siècle chez les Cisterciens-Trappistes : par Dom Marie-Gérard. En partant de l’héritage du lestrangisme, on voit l’évolution de deux
congrégations : une en France et une en Belgique, puis la division des
Trappistes français en deux congrégations, entre 1847 et 1892, et la fusion en
un Ordre autonome en 1892.
§
Quelques fondations hors d’Europe au 19e siècle : par Père Etienne Goutagny, de Notre-Dame des
Dombes. De Staouëli à Mariannhill,
de Notre Dame du Phare à Notre Dame de Saint Joseph au Congo, en passant par Notre-Dame des Iles, Notre-Dame
de Consolation, Latroun et Akbès,
quelques unes des implantations lointaines sont évoquées, laissant la porte
ouverte pour la suite du programme.
En effet, le programme Observantiae s’arrête délibérément au 19e
siècle et ne traite pas de la vie de la Famille cistercienne au 20e siècle.
Ce serait une trop large part d’histoire, il vaut mieux avoir encore quelque
chose à désirer, et ne pas décourager ceux qui auront déjà bien à faire avec ce
qui a été réalisé ici.
Ce qui a fait l’intérêt de ce
travail, en plus de son intérêt proprement informatif, c’est, comme vous avez
pu le remarquer au passage, la composition de l’équipe de ses rédacteurs :
toutes les composantes de la Famille cistercienne sont partie prenante, y
compris les laïcs associés ; l’équipe est internationale, (au moins
européenne !) elle fait intervenir moines et moniales, toujours avec
compétence et bonne volonté, sens pédagogique, dynamisme et motivation. Sans
oublier tous les traducteurs, nombreux et compétents, quoique presque toujours
anonymes ! Qu’eux aussi soient remerciés !
Comme le dit Dom Bernardo dans son introduction, ce programme a été conçu
particulièrement pour, pour les frères et sœurs des communautés, pour qui cette
partie de l’histoire de la famille Cistercienne était encore peu connue. Il n’a
pas été conçu pour les érudits, les experts, il ne comporte pas de notes, ni
d’illustrations, ou bien encore de cartes.
Par contre, chaque dossier (ou
presque) comporte une annexe où quelques questions sont posées en termes
simples pour aider à la réflexion et à l’appropriation des éléments du dossier.
La bibliographie générale est commune à tout le programme, elle ne reprend que
les ouvrages majeurs, disponibles dans plusieurs langues.
Les fascicules sont mis à la disposition
des capitulants, à raison d’un par communauté. Ils ont été façonnés avec une
reliure facile à manier et à ouvrir pour permettre à chaque communauté de
multiplier les fascicules si elle le désire.
Merci à Dom Bernardo
d’avoir eu l’idée de ce programme. Les premiers fascicules ont été très bien
accueillis par ceux qui en ont pris connaissance, sans oublier les frères et
sœurs qui ont assuré la relecture pédagogique, pour vérifier la clarté des
expressions et la cohérence du programme lui-même.
Les fruits seront propres à
chaque communauté, à chaque lecteur, mais ce qui est certain, c’est que chacun
sera plongé dans un courant cistercien authentique, qui lui fera éprouver la
Fidélité de Dieu, et son Amour qui s’étend d’âge en âge jusqu’à nous,
réunis ici aujourd’hui.
S.M.Pascale Dran, Chambarand, Secrétaire centrale pour la Formation.
Le Programme Observantiae, dans les diverses langues, se trouve à la page :