Ordre Cistercien de la Stricte Observance (Trappistes)


CONSTITUTIONS
DES MONIALES

Constitutions des moines

Constitutions of nuns.

Constitutions of monks

Constituciones en español (m) y (f)

Constitutiones lingua latina redactae (f)

Constitutiones lingua latina redactae (m)

Le texte des Constitutions et des Statuts que nous donnons ici a été approuvé par le Saint Siège en 1990. Toutes les modifications faites  par les Chapitres Généraux suivants (1993, 1996, 1999 et 2002) et approuvées, si nécessaire, par le Saint Siège ont été introduites dans le texte. Celles du Chapitre Général 2002 sont indiquées en italique.

TABLE DES CONSTITUTIONS

Avant-propos

1ère partie : LE PATRIMOINE CISTERCIEN
C. 1  La tradition de l'O.C.S.O.
C. 2  La nature et le but de l'Ordre
C. 3  L'esprit de l'Ordre
C. 4  La caractéristique de l'Ordre

2ème partie : LA MAISON DE DIEU c'est à dire LE MONASTERE
C. 5  La communauté locale
C. 6  La composition de la communauté

Chapitre 1 : La voie cistercienne
C.  7  L'observance régulière
C.  8  La consécration monastique
C.  9  La stabilité dans le lieu
C. 10 La conversion de vie
C. 11 L'obéissance
C. 12 L'habit monastique
C. 13 La vie cénobitique
C. 14 Unité et pluriformité de la communauté
C. 15 La réconciliation avec Dieu et les sœurs
C. 16 La participation active des sœurs
C. 17 La vie liturgique
C. 18 La célébration de l'Eucharistie
C. 19 L'Œuvre de Dieu
C. 20 Le souvenir de Dieu
C. 21 La lectio divina
C. 22 La vigilance du cœur
C. 23 Les veilles de la nuit
C. 24 La garde du silence
C. 25 L'ascèse monastique
C. 26 Le travail
C. 27 La simplicité
C. 28 Le jeûne
C. 29 La séparation du monde
C. 30 L'accueil des hôtes
C. 31 L'apostolat des moniales
C. 32 Le lien avec la hiérarchie de l'Eglise

Chapitre 2 : Le service de l'autorité
C. 33 Le ministère de l'abbesse
C. 34 Le gouvernement de l'abbesse
C. 35 Les sœurs qui ont une charge
C. 36 La consultation des sœurs
C. 37 Le chapitre conventuel
C. 38 Le conseil de l'abbesse
C. 39 L'élection de l'abbesse
C. 40 La renonciation à la charge

Chapitre 3 : L'administration des biens
                     temporels
C. 41 Les biens temporels du monastère
C. 42 La condition juridique
C. 43 L'administration ordinaire
C. 44 L'administration extraordinaire

Chapitre 4 : La formation des moniales
C. 45 Le processus de formation
C. 46 L'admission des sœurs
C. 47 La maîtresse des novices
C. 48 L'admission au noviciat
C. 49 La formation des novices
C. 50 La durée du noviciat
C. 51 L'admission à la profession temporaire
C. 52 La profession temporaire
C. 53 La formation des professes à vœux temp.
C. 54 L'admission à la profession solennelle
C. 55 La désappropriation des biens
C. 56 La profession solennelle
C. 57 La formule de profession
C. 58 La formation continue

Chapitre 5 : La séparation d'avec la commu-
                     té et la suppression d'une maison
C. 59 La sollicitude pastorale
C. 60 La passage à un autre monastère
C. 61 Le passage à un autre institut
C. 62 L'exclaustration
C. 63 Le départ d'une professe à vœux temp.
C. 64 Le départ d'une professe à vœux sol.
C. 65 Le renvoi
C. 66 La réadmission au monastère
C. 67 La suppression d'un monastère

Chapitre 6 : Les fondations
C. 68 Les fondations
C. 69 Le soin à l'égard des fondations
C. 70 L'adaptation à la culture locale

3ème partie : L'Ordre Cistercien .S.O.
C. 71 Le lien de l'unité
C. 72 Moines et moniales de l'O.C.S.O.

Chapitre 1 : La filiation
C. 73 Nature de la filiation
C. 74 Le Père Immédiat
C. 75 La visite régulière
C. 76 L'aumônier des moniales

Chapitre 2 : Les assemblées de supérieurs
C. 77 Le Chapitre Général des abbesses
C. 78 Les participants au Chapitre Général
C. 79 La compétence du Chapitre Général
C. 80 La Commission Centrale des abbesses
C. 81 Les conférences régionales

Chapitre 3 : La charge de l'Abbé Général
C. 82 L'Abbé Général
C. 83 L'élection de l'Abbé Général
C. 84 Le conseil de l'Abbé Général
C. 85 L'abbé de Cîteaux
C. 86 Dans la joie de l'Esprit-Saint

 

Avant-propos 

1

Les saints abbés Robert de Molesmes, Albéric et Étienne Harding donnèrent à la tradition bénédictine une forme parti­culière quand, en 1098, ils cons­truisirent le Nouveau Monastère de Cîteaux, notre Mère à tous, et fondèrent l'Ordre Cistercien. Vers 1125, saint Étienne érigea le monastère de moniales de Tart comme propre maison fille de Cîteaux confiée au soin pastoral de son abbé. Le Petit Exorde et la Charte de charité expriment la vocation des fondateurs et la mission reçue de Dieu, que l'Église a sanctionnée et sanc­tionne de son autorité pour leur temps comme pour le nôtre. Sous l'impulsion de saint Bernard de Clairvaux et d'autres, ce propos de réforme se propagea au point que les monastères de moines et de moniales vivant à la manière cistercienne se répandirent au-delà même des frontières de l'Europe occi­dentale. En cette période initiale, on accueillit aussi dans l'Ordre des frères convers et sœurs converses. La vie et les labeurs de tant de frères et de sœurs ont donné naissance à un patrimoine spirituel solide, qui a trouvé son expression aussi bien dans les écrits, le chant, l'architecture et l'art que dans la saine gestion de leurs domaines. 

2

Moines et moniales de l'Ordre reconnaissent qu'ils doivent beaucoup au mouvement dit de l'Étroite Observance qui défendit avec force à une époque troublée certains aspects du patrimoine cistercien et permit ainsi, à travers l'œuvre de l'abbé de Rancé et l'entreprise de dom Augustin de Lestrange, leur transmission aux générations suivantes. En 1892, trois Congrégations issues de la Valsainte, en s'unissant, formèrent un Ordre autonome, l'Ordre des Cisterciens Réformés de Notre-Dame de La Trappe, appelé maintenant Ordre Cistercien de la Stricte Observance.

 3

L'aspiration à une vie vraiment monastique prit corps de diverses manières au cours des âges ; elle motive encore moines et moniales dans le renouveau résolu de leur vie. Obéissant aux directives du second Concile du Vatican, ceux-ci s'attachent à comprendre plus profondément leurs sources, tout en s'ouvrant à l'action de Dieu aujourd'hui. En 1969, le Chapitre Général, dans sa Déclaration sur la vie cistercienne et le Statut Unité et Pluralisme, a réaffirmé l'adhésion de l'Ordre à la Règle de saint Benoît comme étant, pour lui, l'interprétation de l'Évangile (cf. Perf. Caritatis 2,a  ; R.B. Prol 21)  ; il a donné des indications et ouvert des chemins pour qu'elle puisse être pratiquée fidèlement dans un monde où les conditions de vie ont changé. Ainsi, dans ces documents, le Chapitre Général distingue le sens et les observances fondamentales de la Règle qui forment la base de la voie cistercienne, et les particularités qui peuvent changer selon les circonstances locales. 

4

Le présent recueil de Constitutions et de Statuts est le fruit de l'expérience de ces années de renouveau. Il est à souhaiter qu'il soit un instrument efficace permettant à l'Ordre d'atteindre sa fin selon l'esprit du second Concile du Vatican et de se montrer de plus en plus apte à mener à bien sa fonction propre dans l'Église et le monde.


 

            Première Partie
 

         LE PATRIMOINE CISTERCIEN

 

C. 1                La tradition de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance 

L'Ordre Cistercien de la Stricte Observance prend sa source dans la tradition monastique de vie évangélique qui trouve son expression dans la Règle des monastères de saint Benoît de Nursie. Les fondateurs de Cîteaux donnèrent à cette tradition une forme particulière dont certains aspects furent défendus avec force par les monastères de l'Étroite Observance. En 1892, trois Congrégations de l'Étroite Observance, en s'unissant, formèrent un seul Ordre, actuellement appelé Ordre Cistercien de la Stricte Observance. 

C. 2                La nature et le but de l'Ordre 

Cet Ordre est un institut monastique intégralement ordonné à la contemplation ; c'est pourquoi les moniales, dans l'enceinte du monastère, se consacrent au culte divin, en suivant la Règle de saint Benoît, et assurent l'humble et noble service de la divine Majesté dans la solitude et le silence, dans la prière assidue et une joyeuse pénitence, en menant la vie monastique telle qu'elle est définie dans les présentes Constitutions. 

C. 3                L'esprit de l'Ordre 

1

La forme de vie cistercienne est cénobitique. Les moniales cisterciennes cherchent Dieu et marchent à la suite du Christ sous une règle et une abbesse dans une communauté stable, école de charité fraternelle. Parce que toutes les sœurs ne forment qu'un cœur et qu'une âme, tout leur est commun. Portant le fardeau les unes des autres, elles accomplissent la loi du Christ et, participant à ses souffrances, elles espèrent entrer dans le royaume des cieux. 

2

Le monastère est école du service du Seigneur en laquelle le Christ est formé dans le cœur des sœurs grâce à la liturgie, à l'enseignement de l'abbesse et à la vie fraternelle. Par la Parole de Dieu les moniales sont formées à une maîtrise du cœur et de l'action qui leur permet en obéissant à l'Esprit Saint d'atteindre à la pureté de cœur et au souvenir incessant de la présence de Dieu. 

3

Les moniales suivent les traces de ceux qui dans les siècles passés ont été appelés par Dieu au combat spirituel dans le désert. Citoyennes des cieux, elles se rendent étrangères aux manières du monde. Vivant dans la solitude et le silence elles aspirent à cette paix intérieure dans laquelle la sagesse est engendrée. Elles se renoncent à elles-mêmes pour suivre le Christ. Par l'humilité et l'obéissance elles luttent contre l'orgueil et la révolte du péché. Dans la simplicité et le travail elles sont en quête de la béatitude promise aux pauvres. Par leur hospitalité empressée elles partagent la paix et l'espérance que donne le Christ, avec ceux qui, comme elles, sont en marche. 

4

Le monastère est figure du mystère de l'Église. Rien n'y est préféré à la louange de la gloire du Père et aucun effort n'est épargné pour que la vie commune tout entière soit soumise à la loi suprême de l'Évangile, en sorte que la communauté des sœurs ne manque d'aucun don spirituel. Les moniales ont le souci d'être en communion avec l'ensemble du peuple de Dieu ; elles partagent son attente et sa recherche de l'unité de tous les chrétiens. En effet, par la pratique fidèle de leur vie monastique, comme par la secrète fécondité apostolique qui leur est propre, elles servent le peuple de Dieu et l'humanité tout entière. Chaque église de l'Ordre comme chacune des moniales est dédiée à la bienheureuse Marie, Mère et Figure de l'Église dans l'ordre de la foi, de la charité et de l'union parfaite avec le Christ. 

5

Toute l'organisation du monastère tend à ce que les moniales soient intimement unies au Christ, puisque seul un attachement d'amour de chacune au Seigneur Jésus permettra aux grâces spécifiques de la vocation cistercienne de s'épanouir. Les sœurs ne trouvent leur contentement, en persévérant dans une vie simple, cachée et laborieuse, que si elles ne préfèrent absolument rien au Christ, qui les conduise toutes ensemble à la vie éternelle.

 

C. 4                La caractéristique de l'Ordre 

1

Les communautés de l'Ordre répandues à travers le monde sont rassemblées dans l'unité par le lien de la charité. Associées les unes aux autres par une telle communion, elles sont en mesure de s'entraider pour mieux comprendre et exprimer plus efficacement leur patrimoine commun. De même elles peuvent s'apporter mutuellement réconfort et soutien dans leurs diverses difficultés. 

2

Cette communion prend forme juridique dans le gouvernement de l'Ordre selon la Charte de charité interprétée par les normes des présentes Consti­tutions. Abbés et abbesses, assemblés en deux Chapitres, exercent une sollicitude commune pour toutes les communautés de l'Ordre, dans les choses divines et humaines. Cette charge pastorale est mise en œuvre selon la tradition à travers les institutions de la filiation, de la visite régulière et du Chapitre Général. En outre, d'autres organes de dialogue, de coopération et d'entraide mutuelle ont vu le jour ; ils favorisent la communion de tout l'Ordre et permettent d'adapter effectivement les desseins des fondateurs aux conditions actuelles. 

3

Selon la Charte de charité, les cisterciennes de la Stricte Observance vivent d'une même charité, selon une même règle et un genre de vie semblable. Il revient à chaque communauté, dans le dialogue avec les autres, de trouver des voies qui permettront une expression vivante du patrimoine de l'Ordre dans sa propre culture, compte tenu des circonstances particulières, en sauvegardant toujours cependant les normes établies par le Chapitre Général.


 

Deuxième Partie

LA MAISON DE DIEU OU LE MONASTÈRE

 

C. 5                La communauté locale 

Rassemblées par l'appel divin, les sœurs constituent une église ou communauté monastique, qui est la cellule fondamentale de l'Ordre Cistercien. 

                    ST 5.A          

                   a.

La forme traditionnelle de la communauté est d’être autonome en qualité d’abbaye. Pour être déclarée telle, elle doit remplir les conditions définies par le Statut des Fondations (n. 15), de sorte que l'observance monastique puisse être pleinement vécue selon la Règle de saint Benoît, la tradition cistercienne et les présentes Constitutions ; 

b.

Si ces conditions ne sont pas remplies, mais que la communauté répond aux critères définis par le statut des Fondations (n. 15) pour être autonome, elle est, selon les cas,  prieuré majeur ou prieuré simple. Le prieuré simple continue à jouir en droit de l'aide de la maison fondatrice en personnel et en ressources matérielles. 

                        c.

Une fondation fait partie de la maison fondatrice et n’est pas autonome. Sa supérieur demeure celle de la maison fondatrice. Les conditions d’accès à l’autonomie, comme celles du passage d’un prieuré simple au rang de prieuré majeur ou d’un prieuré majeur à celui d’abbaye sont définies par le Statut des Fondations (cf. n. 15). 

ST 5.B          

           Sauf mention contraire, ce qui est dit par la suite de la communauté locale vaut à égalité de droit pour l'abbaye, le prieuré majeur, le prieuré simple et la fondation.

 

C. 6                La composition de la communauté 

La communauté est constituée des sœurs qui y ont fait profession, des novices et des autres personnes admises en son sein pour raison de probation ainsi que des oblates.

ST 6.A

 Parmi les professes dont il est fait mention sont comptées :

                       a.

les sœurs converses qui ont émis leurs vœux avant le Décret d'Unification de 1965 ;

                        b.

les sœurs externes.

 ST 6.B

Les oblates participent à la vie de la communauté en conformité avec les normes du Statut des Oblates promulgué par le Chapitre Général et selon les coutumes locales.

 ST 6.C

Les sœurs venant d'autres monastères de l'Ordre de façon prolongée participent à la vie de la communauté, sauf pour ce qui relève du chapitre conventuel.

 ST 6.D

Chaque communauté peut définir, avec prudence, devant la loi civile de sa contrée son statut et sa composition. 

 

Chapitre 1 : LA VOIE CISTERCIENNE

 

C. 7                L'observance régulière 

La conversatio dans l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance est une vie consacrée à Dieu, qui s'exprime dans la communion fraternelle, dans la solitude et le silence, dans la prière et le travail et dans une discipline de vie. Par une secrète fécondité apostolique, elle fait grandir le Corps Mystique du Christ.

 

C. 8                La consécration monastique 

Par la profession monastique (cf. can. 654 du CIC), la sœur est consacrée à Dieu et agrégée à la communauté qui l'accueille. En même temps, la consécration qu'elle a reçue au baptême et à la confirmation est rénovée et vivifiée. La sœur s'engage à une vraie conversion de vie, en persévérant dans la stabilité et en obéissant joyeusement jusqu'à la mort. 

 

C. 9                La stabilité dans le lieu 

Par le vœu de stabilité dans sa communauté, la sœur, confiante en la Providence de Dieu qui l'a appelée, en ce lieu et dans ce groupe de sœurs, s'engage à employer là, avec constance, les instruments de l'art spirituel.

 

C. 10              La conversion de vie 

Par le vœu de conversion de vie, la sœur, cherchant Dieu dans la simplicité de son cœur, sous la conduite de l'Évangile, s'engage à la discipline cistercienne. Ne se réservant aucun bien, pas même la disposition de son propre corps, elle renonce à la capacité d'acquérir et de posséder et elle professe la continence parfaite dans le célibat pour le royaume des cieux.

 

C. 11              L'obéissance 

Par le vœu d'obéissance, la sœur, aspirant à vivre sous une règle et une abbesse, promet d'accomplir tout ce que les supérieurs légitimes ordonneront suivant les présentes Constitutions. Renonçant ainsi à sa volonté propre, elle suit l'exemple du Christ obéissant jusqu'à la mort et s'engage dans l'école du service du Seigneur. 

 

C. 12              L'habit monastique 

L'habit cistercien spécifique est la coule blanche. Donnée au jour de la profession solennelle, elle est signe de la consécration de la moniale et de l'unité de tout l'Ordre.

 

ST 12.A

Le vêtement, qui comprend en outre, selon les données traditionnelles, la robe blanche, le scapulaire et le voile noirs et la ceinture de cuir, peut être adapté selon les conditions locales.

 

ST 12.B

Les professes à vœux temporaires et les novices portent une chape au lieu de la coule, ainsi qu'un voile blanc. Le scapulaire des novices est blanc.

 

C. 13              La vie cénobitique 

1

La moniale mène la vie commune en son propre monastère. La loi de la vie commune est unité de l'esprit dans la charité de Dieu, lien de la paix dans un mutuel et constant amour de toutes les sœurs, communion dans le partage de tous les biens.

 ST 13.1.A

La table commune exprime et fortifie l'union des sœurs. Aussi, toutes participent ensemble à table, à moins d'une excuse raisonnable. 

 ST 13.1.B

S'il y a des cellules, leur usage est déterminé par l'abbesse selon la coutume locale. Elles ne doivent pas porter préjudice à la vie commune, et elles demeureront modestes et conformes à la simplicité cistercienne. Il est permis à l'abbesse de les visiter. 

2

Les sœurs supportent avec la plus grande patience leurs infirmités et se servent mutuellement avec humilité. Par la prière et d'autres moyens appropriés, elles viennent en aide aux faibles, à celles qui sont troublées et souffrantes. Elles entourent de soins prévenants et d'affection celles qui sont malades ou âgées, ainsi que celles qui approchent de la mort. 

ST 13.2.A

L'abbesse apporte le plus grand soin à ce que les malades et celles qui sont avancées en âge soient traitées avec empressement et amour, comme le Christ en personne. S'il est possible, l'onction des malades leur est conférée au milieu des sœurs. 

3

La moniale ne peut quitter le monastère sans le consentement de l'abbesse et celui du Père Immédiat ou de l'évêque. Dans le cas d'une absence prolongée, les normes du Saint-Siège concernant la clôture des moniales sont observées. 

4

L'abbesse, après avoir entendu son conseil et avec le consentement du Père Immédiat ou de l'évêque, peut permettre à une sœur, dans des cas exception­nels, de mener la vie érémitique à l'intérieur de l'enceinte du monastère. L'ermite demeure soumise à l'autorité de l'abbesse.  

 

C. 14              Unité et pluriformité de la communauté 

1

La communauté forme un seul corps dans le Christ ; aussi chacune des sœurs, partageant avec les autres les dons spirituels qu'elle a reçus de la grâce multiforme de Dieu, cherche-t-elle avant tout à promouvoir la construction de la communion fraternelle. 

2

L'équilibre fondamental de la vie cistercienne entre l'Œuvre de Dieu, la prière et la lectio divina, ainsi que le travail manuel, est déterminé selon le caractère, la formation et le progrès de la vie de chacune. L'abbesse doit discerner et mesurer toute chose en sorte que chaque sœur puisse croître dans la vocation cistercienne. 

 

C. 15              La réconciliation avec Dieu et les sœurs 

1

Le maintien de l'unité entre les sœurs n'est assuré qu'au prix d'un sincère effort mutuel de réconciliation. Aussi, pour écarter de la communauté les épines de scandale, les sœurs ne réservent pas un temps pour la colère, mais rentrent en paix dès que possible après un désaccord avec autrui.

ST 15.1.A

Dans un esprit évangélique les sœurs s'entraident par une correction faite avec humilité et discernement. La communauté détermine les manières d'agir qui lui conviennent en ce domaine.

2

Les sœurs confessent chaque jour à Dieu dans la prière leurs péchés et s'approchent fréquemment du sacrement de réconciliation, dont l'accès est facilité par l'abbesse.

 ST 15.2.A

Selon l'opportunité, l'abbesse peut prévoir une célébration pénitentielle communautaire.

 

C. 16              La participation active des sœurs 

1

Les sœurs ont le droit et le devoir de participer pleinement à la vie commune ; cette participation peut cependant se réaliser de différentes manières. 

2

Toutes les sœurs, en effet, sont appelées à se témoigner mutuellement leur sollicitude, à s'entraider et à s'obéir les unes aux autres. Elles ont donc le souci de l'état spirituel de leur communauté, sachant quel bien procure à toutes le bon zèle d'une seule et quel mal peut causer un zèle amer. 

3

L'abbesse conduit les sœurs avec le respect dû à la personne humaine créée à l'image de Dieu, en stimulant leur obéissance spontanée et en favorisant opportunément leurs dons pratiques et intellectuels. Elle les amène ainsi à coopérer en obéissance active et responsable dans les charges à remplir et les initiatives à prendre, restant sauve cependant son autorité de décider et d'ordonner ce qu'il y a à faire. 

4

L'abbesse et les responsables communiquent aux sœurs ce qui est de l'intérêt de toutes et elles accueillent volontiers leurs souhaits et suggestions.

 

C. 17              La vie liturgique 

1

Dans la célébration liturgique la fin spirituelle de la communauté apparaît de façon toute spéciale ; le sens profond de la vocation monastique et la communion des sœurs s'affermissent et s'accroissent. La Parole de Dieu y est écoutée chaque jour, le sacrifice de louange est offert à Dieu le Père ; on y participe au mystère du Christ et l'œuvre de notre sanctification par l'Esprit-Saint se réalise.

 

 ST 17.1.A

La liturgie se célèbre dans le rite auquel appartient la communauté. Selon le génie propre de chaque rite, cela se fait en conformité avec la tradition cistercienne, en suivant les normes approuvées par le chapitre général et confirmées, dans les cas requis, par le Saint-Siège.

 

2

Les différents temps de l'année liturgique ont une grande valeur pour nourrir et enrichir la vie contemplative des sœurs ; ils offrent un fondement très sûr pour la prédication et la formation à donner à la communauté. 

3

Le dimanche, consacré au mystère de la Résurrection, est jour de joie et de cessation du travail : que les sœurs participent ensemble à l'Eucharistie, s'adonnent à la lectio divina et à la prière, d'une façon plus ample et plus intense.

 

C. 18              La célébration de l'Eucharistie

L'Eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne et de la communion des sœurs dans le Christ. Aussi est-elle célébrée chaque jour par toute la communauté. En effet, par la participation au mystère pascal du Seigneur, les sœurs sont unies plus étroitement entre elles et avec l'Église entière. 

 

C. 19              L'Œuvre de Dieu 

1

A l'Œuvre de Dieu, que rien ne soit préféré. C'est pourquoi la liturgie des Heures est célébrée par la communauté qui accomplit en union avec l'Église la fonction sacerdotale du Christ, offrant à Dieu le sacrifice de louange et intercédant pour le salut du monde entier. 

 ST 19.1.A

Puisqu'elle est sanctification de la journée, l'Œuvre de Dieu est accomplie aux heures convenables fixées par la tradition cistercienne et la coutume locale.

2

La liturgie des Heures est une école de prière continuelle et un élément très important de la voie monastique. C'est la tâche de l'abbesse de stimuler chez les sœurs le zèle pour l'Œuvre de Dieu. 

ST 19.2.A

Que la célébration soit mise en œuvre de telle sorte qu'elle exprime l'esprit de la communauté et amène les sœurs à une pleine participation. 

ST 19.2.B

Dans des cas particuliers, l'abbesse peut déterminer la façon dont une moniale prend part à la liturgie chorale des Heures. Elle ne le fait qu'après un examen sérieux avec la sœur elle-même et compte tenu des besoins de la communauté. 

 ST 19.2.C

Dans des cas exceptionnels, l'Abbé Général, avec le consentement de son conseil, peut dispenser une communauté d'une ou de deux petites Heures.

3

La sœur occasionnellement absente de la célébration chorale accomplit les Heures selon la disposition prise par l'abbesse.
 

 C. 20              Le souvenir de Dieu 

Par le continuel souvenir de Dieu, les sœurs prolongent l'Œuvre de Dieu tout au long du jour. Aussi l'abbesse doit-elle veiller à ce que chacune ait amplement le loisir de vaquer à la lectio et à la prière. Toutes ont le souci de rendre l'environnement du monastère propice au silence et au recueillement. 

 ST 20.A

Toutes les sœurs font chaque année une retraite spirituelle d'au moins six jours.

 

C. 21              La lectio divina 

Une lectio divina assidue favorise grandement chez les sœurs la foi en Dieu. Cet exercice excellent de la vie monastique, où la Parole de Dieu est écoutée et ruminée, est source de prière ; elle est également école de contemplation où la moniale s'entretient cœur à cœur avec Dieu. Aussi les sœurs pratiquent-elles chaque jour une telle lectio pendant un temps convenable. 

ST 21.A

La tradition tient en haute estime la lectio divina faite en commun. Cette pratique est à recommander spécialement pendant le carême. 

ST 21.B

Le scriptorium est le lieu traditionnel pour la lectio divina.
 

C. 22              La vigilance du cœur 

En esprit de componction et dans la ferveur d'un désir intense, les moniales s'adonnent fréquemment à l'oraison. Demeurant sur terre, elles vivent en esprit dans les cieux, désirant la vie éternelle de toute leur ardeur spirituelle. Que la bienheureuse Vierge Marie élevée au ciel, vie, douceur et espérance de tous les pèlerins sur la terre, ne soit jamais loin de leurs cœurs. 

ST 22.A

L'abbesse veille avec prudence à ce que les sœurs disposent du temps à consacrer chaque jour à la lectio et à l'oraison. 


C. 23              Les veilles de la nuit
 

Selon la tradition de l'Ordre les heures qui précèdent le lever du soleil sont consacrées à Dieu de façon très appropriée par la célébration des Vigiles, par la prière et la méditation, dans la sobre attente du retour du Christ. 

ST 23.A

L'heure du lever des sœurs est déterminée de telle sorte que les Vigiles gardent leur caractère nocturne.
 

C. 24              La garde du silence 

Dans l'Ordre, le silence est une des principales valeurs de la vie monastique. Il assure la solitude de la moniale dans la communauté. Il favorise le souvenir de Dieu et la communion fraternelle ; il ouvre aux inspirations de l'Esprit-Saint, entraîne à la vigilance du cœur et à la prière solitaire devant Dieu. C'est pourquoi en tout temps, mais surtout aux heures de la nuit, les sœurs s'appliquent au silence, gardien de la parole en même temps que des pensées. 

ST 24.A

Selon la tradition de l'Ordre le silence doit être observé surtout dans les lieux réguliers, tels l'église, le cloître, le réfectoire, le scriptorium. La récréation n'est pas en usage dans les communautés de l'Ordre. 

ST 24.B

D'autres normes fixant l'usage de la parole, notamment au chapitre et dans les cellules, sont déterminées par chaque communauté et vérifiées lors de la visite régulière

 

C. 25              L'ascèse monastique 

Le repos de l'esprit qui se cultive dans le silence est aussi le fruit de la pureté et de la simplicité du cœur. Aussi la moniale accepte-t-elle volontiers, dans un esprit de joyeuse pénitence, les moyens utilisés pour cela dans l'Ordre : le travail, la vie cachée, la pauvreté volontaire, ainsi que les veilles et les jeûnes. 

 

C. 26              Le travail 

Le travail, surtout manuel, donne aux moniales l'occasion de participer à l'œuvre divine de la création et de la rédemption et de marcher sur les traces du Christ Jésus ; il jouit toujours d'une estime particulière dans la tradition cistercienne. Ce travail dur et rédempteur procure le nécessaire aux sœurs et à d'autres, spécialement aux pauvres, et manifeste la solidarité des moniales avec la foule des travailleurs. Il est aussi l'occasion d'une ascèse profitable, favorisant l'évolution et la maturité personnelle, entretenant la santé du corps et de l'esprit ; enfin, il contribue beaucoup à la cohésion de toute la communauté. 

ST 26.A

La durée du travail est déterminée selon ce qu'exigent la vie monastique et les nécessités locales. Les sœurs s'adonnent chaque jour au moins pendant quatre heures au travail qui cependant ne dépasse pas habituellement six heures.

 

C. 27              La simplicité 

A l'exemple des Pères de Cîteaux qui recherchaient une relation simple avec le Dieu simple, la façon de vivre des sœurs est simple et frugale. Que tout dans la maison de Dieu soit en harmonie avec ce genre de vie où le superflu n'a aucune part, en sorte que la simplicité elle-même puisse être un ensei­gnement pour tous. Que cette simplicité apparaisse clairement dans les bâtiments et le mobilier, dans la nourriture et le vêtement, et jusque dans la célébration liturgique.

 

ST 27.A

Le monastère devrait se faire remarquer par sa beauté et sa simplicité. Les sœurs prennent soin de préserver judicieusement son environnement et de gérer avec prudence ses ressources naturelles.
 

C. 28              Le jeûne 

Le jeûne monastique exprime l'humble condition de la créature devant Dieu, suscite dans le cœur de la moniale le désir spirituel et fait participer à la compassion du Christ envers la foule de ceux qui ont faim. Les sœurs observent le jeûne quadragésimal et le jeûne pascal ainsi que les autres jeûnes selon les coutumes de l'Ordre et les dispositions de l'abbesse. 

ST 28.A

Le mercredi des cendres et le vendredi saint, au repas de midi, les sœurs se contentent de pain et d'eau ou de quelque équivalent.

ST 28.B

Conformément à la tradition, sauf cas de nécessité, les sœurs s'abstiennent de viande en tout temps.

ST 28.C

Si une sœur, poussée par la grâce de Dieu, veut jeûner davantage, elle s'en ouvre à son abbesse.

 

C. 29              La séparation du monde

1

Celles qui ne préfèrent rien à l'amour du Christ se rendent étrangères aux manières du monde. Selon la tradition monastique, cela implique une certaine forme de séparation physique. Aussi le monastère doit-il être construit de manière à pouvoir assurer à celles qui y demeurent le calme et la solitude. 

2

Les bâtiments où vivent et travaillent les moniales, à l'exception de la porterie et de l'hôtellerie, leur sont strictement réservés. Cependant l'église est accessible aux fidèles, surtout aux moments de la célébration publique du culte divin.

3

Il appartient à l'abbesse, avec le consentement de son conseil, de fixer les limites de la stricte clôture.

4

Pour les sorties de clôture des sœurs et les entrées en clôture des personnes étrangères, les normes du droit universel sont observées.

5

L'application et la responsabilité des normes sur la clôture incombent à l'abbesse. Toutes les sœurs portent avec celle-ci le souci d'observer ces normes ; c'est pourquoi elles sont soigneusement formées à cette discipline de la séparation du monde.

6

Le Père Immédiat, selon les C. 74 et 75, ou l'Ordinaire du lieu veille sur l'observance de la clôture, qui fait aussi l'objet d'un examen lors de la visite régulière.

7

L'abbesse veille à ce que l'entrée des personnes étrangères à la communauté ne porte pas préjudice à la vie régulière. Aucune sœur ne peut entrer en relation avec les personnes du dehors sans l'accord de l'abbesse.

8

Dans l'usage des moyens de communication sociale, les normes du droit universel sont observées.

 

C. 30              L'accueil des hôtes

Tout monastère, selon les circonstances de lieu et de temps, garde la tradition d'accueillir comme le Christ lui-même les hôtes et les pauvres. Ceux que la divine Providence conduit au monastère sont reçus par les sœurs avec respect et humanité, sans pourtant que la paix monastique ait à souffrir de ce service. 

ST 30.A

Ceux qui viennent au monastère pour chercher un approfondissement de leur vie de prière bénéficient de l'aide de la communauté. 

 ST 30.B

Selon le dessein de Dieu, les monastères sont établis comme des lieux saints ; ils le sont non seulement pour les proches dans la foi, mais aussi pour tous les hommes de bonne volonté. 

 ST 30.C

Il appartient à la communauté de déterminer le mode de participation des hôtes à l'Œuvre de Dieu. 

 ST 30.D

Les familles des sœurs sont reçues avec beaucoup d'humanité, d'une manière cependant qui s'accorde avec la vocation monastique. 

 

C. 31              L'apostolat des moniales 

Fidélité à la vie monastique et zèle pour le royaume de Dieu et le salut de toute l'humanité sont intimement liés. Les moniales portent en leur cœur ce souci apostolique. Mais leur façon propre de participer à la mission du Christ et de son Église, ainsi que de s'insérer dans une Église locale, est leur vie contemplative elle-même. Pour cette raison, si urgente que soit la nécessité d'un apostolat actif, elles ne peuvent être appelées à fournir une aide dans les divers ministères pastoraux et autres activités extérieures. 

ST 31.A

Si, dans des circonstances particulières, une aide pastorale à l'intérieur de l'enceinte du monastère est sollicitée de la communauté, l'abbesse accueille cette requête, si elle la juge convenable, et confie le ministère demandé à une sœur qui soit apte et disposée à l'accomplir.

 

C. 32              Le lien avec la hiérarchie de l'Église 

Les moniales entretiennent de bonnes relations avec l'Église particulière à laquelle elles appartiennent et avec son évêque auquel elles témoignent respect dévoué et révérence. Elles obéissent humblement au Souverain Pontife, Vicaire du Christ, comme à leur Pasteur suprême, également en raison du vœu d'obéissance. 

 
 

Chapitre 2 : LE SERVICE DE L'AUTORITÉ

 

C. 33              Le ministère de l'abbesse 

1

L'abbesse choisie du milieu des sœurs reçoit son pouvoir de Dieu par le ministère de l'Église. Elle est considérée comme tenant dans le monastère la place du Christ. Mère de toute la communauté, elle la sert tant au plan spirituel que dans le domaine temporel (cf. can. 596 § 1 et 618 du CIC). 

2

L'abbesse porte le souci pastoral du troupeau qui lui est confié ; elle manifeste à toutes la bonté et la bienveillance du Christ, s'étudiant plus à être aimée qu'à être crainte, s'adaptant au caractère de chacune et exhortant les sœurs à courir d'un cœur allègre et joyeux sur le chemin où Dieu les appelle. Pour chacune des sœurs, elle prie Dieu assidûment. 

3

Maîtresse dans l'école du Christ, l'abbesse veille à la fidélité des disciples envers la tradition monastique ; elle les nourrit tant de l'aliment de la Parole de Dieu que par son exemple. Qu'elle ne néglige pas de se refaire elle-même, puisant à l'Écriture sainte et à la sagesse des Pères. Qu'elle soit facilement accessible à toutes les moniales pour un entretien personnel. 

ST 33.3.A

Aux jours fixés, l'abbesse s'adresse à toute la communauté et elle commente fréquemment la Règle de saint Benoît. 

ST 33.3.B

Que les sœurs approchent avec confiance leur abbesse à laquelle elles peuvent librement et spontanément dévoiler les pensées qui surviennent en leurs cœurs. Que l'abbesse cependant n'induise en aucune façon à l'ouverture de conscience. 

4

Sage médecin, l'abbesse cherche à soigner ses propres blessures et celles d'autrui et à guérir au nom du Christ celles qui sont meurtries par le péché. Surtout elle doit déployer la plus grande sollicitude et s'empresser en toute sagacité et habileté pour ne perdre aucune des sœurs à elle confiées. Si c'est nécessaire elle fait appel à des anciennes ayant une expérience spirituelle. Par dessus tout elle recourt à la prière de toutes pour la guérison des faiblesses des sœurs. 

 

C. 34              Le gouvernement de l'abbesse 

1

L'abbesse est supérieure majeure selon les normes du droit. Dans l'esprit de la Règle de saint Benoît, elle a plein pouvoir pastoral dans le monastère tant pour l'administration temporelle que pour le soin des âmes. 

ST 34.1.A

La supérieure d'un monastère qui fait encore partie de la maison fondatrice jouit d'un pouvoir délégué qu'elle peut toutefois sub­déléguer. 

ST 34.1.B

La supérieure ad nutum dont il est question au ST 39.2.B jouit d'un pouvoir ordinaire propre en tant que supérieure majeure d’une communauté autonome.

2

Ce qui est dit de l'abbesse vaut à égalité de droit de la prieure d'un prieuré et d’une supérieure ad nutum à moins qu'il n'en soit disposé autrement de façon explicite.
 

C. 35              Les sœurs qui ont une charge 

Pour les divers emplois du monastère, l'abbesse se choisit des aides compétentes. Avec le conseil de sœurs craignant Dieu, elle nomme une prieure, une maîtresse des novices, une cellérière et d'autres responsables avec lesquelles elle partage son fardeau en toute sécurité. Que les sœurs ainsi choisies remplissent leurs fonctions avec empressement et avec soin, selon les commandements de Dieu et les directives de l'abbesse, afin que dans la maison de Dieu personne ne soit troublé ni attristé. 

 

C. 36              La consultation des sœurs 

1

Pour tout ce qui touche au bien de la communauté, l'abbesse, se souvenant de l'exhortation de la Règle, consulte volontiers les sœurs. Elle dispose pour cela tant du chapitre conventuel que d'un conseil particulier. De leur côté, les sœurs répondent à la consultation dans un esprit de docilité à la voix de l'Esprit-Saint et donnent leur avis avec humilité et sens de leur responsabilité. Sauf dans les cas où la loi en décide autrement, il revient à l'abbesse, après avoir soigneusement écouté les sœurs, de prendre la décision finale. Dans les questions qui requièrent la discrétion, toutes gardent soigneusement le secret. 

2

Le vote est secret dans toutes les élections, dans les autres cas prévus par le droit et lorsqu'une des présentes le demande. Dans le compte des voix, les bulletins nuls et les abstentions ne sont pas pris en considération. Quand le consentement du conseil de l'abbesse ou du chapitre conventuel est requis pour poser un acte, l'abbesse, pour agir validement, doit obtenir ce consen­tement à la majorité absolue ou aux deux tiers des voix, selon les cas. Une fois le consentement obtenu, l'abbesse peut agir, mais elle n'y est pas tenue. Par contre, si le consentement est refusé, elle ne peut agir validement. De même quand il est prescrit à l'abbesse d'entendre son conseil ou le chapitre conventuel, cette consultation est requise pour la validité de l'acte. 

ST 36.2.A

Les votes ne sont pas pris sans que l'objet de la délibération ait été clairement exposé et qu'un certain délai ait été laissé pour la réflexion et la prière. 

ST 36.2.B

A la fin du scrutin, chaque fois qu'un consentement est requis, l'abbesse fait le compte des voix avec deux témoins et annonce le résultat. Ce résultat est reporté dans le livre des actes du chapitre ou du conseil, que signent l'abbesse et deux témoins. 

3

Quand elle demande un conseil ou un consentement, la supérieure peut voter, mais elle n'y est pas tenue. Les absentes ne peuvent pas voter par corres­pondance ni donner procuration pour émettre un vote. Les exclaustrées sont privées de voix active et passive. 

ST 36.3.A

La sœur absente du monastère pour le service de l'Ordre, pour une raison de santé, d'études ou, selon la C. 13,4, de vie érémitique, conserve, en tant que membre du chapitre conventuel, sa voix active et passive. Elle doit cependant faire preuve de prudence, de jugement et de sens de ses responsabilités, lorsqu'elle décide d'user ou non de ce droit. 

ST 36.3.B

Etant sauf ce qui vient d'être dit dans le ST 36.3.A, l'exercice de la voix active de la sœur absente du monastère depuis plus de six mois, même légitimement, est suspendu. 

                        a.

Si une sœur absente veut revenir définitivement dans sa communauté, l'abbesse peut exiger, avec le consentement de son conseil, compte tenu de la durée de son absence, que cette sœur passe en communauté un temps convenable avant qu'elle puisse exercer de nouveau son droit de vote. 

b.

Lorsqu'une sœur, ayant perdu l'exercice de son droit de vote en raison de son absence, réside à nouveau de façon habituelle au monastère, le président d'une élection peut lui permettre d'exercer ce droit, après consultation du chapitre conventuel. 

 

C. 37              Le chapitre conventuel 

Les sœurs professes à vœux solennels qui ont leur stabilité dans la commu­nauté forment avec la supérieure le chapitre conventuel. Toutes ont voix active et passive dans les délibérations et les actes, sauf autre disposition des Constitutions.

 ST 37.A

L'abbesse a besoin du consentement du chapitre conventuel aux deux tiers des voix :

                        a.

pour admettre une moniale de l'Ordre à la stabilité dans la communauté, étant sauve l'exception prévue à la C. 60 ;

                        b.

pour mettre à exécution le projet d'une nouvelle fondation ;

                        c.

pour ériger une fondation en monastère autonome ;

  ST 37.A bis

La prieure titulaire a aussi besoin du consentement du chapitre conventuel aux deux tiers des voix pour amorcer le processus du passage de son prieuré à un rang supérieur.

  ST 37.B

L'abbesse a besoin du consentement de la majorité absolue du chapitre conventuel :

                        a.

pour admettre une novice à la profession temporaire ;

                        a. bis

                        pour admettre au renouvellement de ses voeux temporaires une professe venant d’une autre communauté ;

                        b.

pour admettre une sœur à la profession solennelle ;

                        c.

                        pour agir dans les questions administratives dont il est traité à la C. 44 ;

                        d.

pour permettre un changement de filiation (cf. ST 73.C) ;

                        e.

pour permettre à une sœur qui a au moins trois ans de profession temporaire de prendre part à une élection dans un prieuré simple ;

                        f.

pour commencer le processus d'une nouvelle fondation.

ST 37.C

Le chapitre conventuel doit donner son consentement pour qu'un Père Immédiat puisse s'enquérir de la capacité d'une abbesse et la vérifier, et pour qu’il demande à l'Abbé Général de suspendre l'abbesse de l'exercice de sa charge dans les circonstances prévues par le ST 40.B.Bis.

 

C. 38              Le conseil de l'abbesse 

Pour le gouvernement de la communauté l'abbesse est assistée d'un conseil composé de quelques membres du chapitre conventuel. 

ST 38.A

Le conseil de l'abbesse compte au moins trois sœurs, dont une ou plusieurs peuvent être élues par le chapitre conventuel. 

ST 38.B

L'abbesse a besoin du consentement de la majorité absolue de son conseil :

                        a.

pour réadmettre sans obligation de recommencer le noviciat une sœur partie légitimement à la fin du noviciat ou après la profession et déterminer le mode et le temps de la nouvelle probation ;

                        b.

pour déterminer le temps que, selon le ST 36.3.B.a, doit passer en communauté une sœur qui revient, avant qu'elle puisse exercer de nouveau son droit de vote ;

                        c.

pour fixer les limites de la stricte clôture ;

                        d.

pour demander à l'Abbé Général d'obliger une sœur, pour le bien de la paix, selon le ST 60.B, à passer quelque temps dans un autre monastère ;

                        e.

pour demander à l'Abbé Général qu'une exclaustration soit imposée à une moniale par le Saint-Siège.

 

ST 38.C

L'abbesse doit d'abord entendre son conseil :

                        a.

pour admettre une postulante au noviciat ;

                        b.

pour nommer la supérieure d'une nouvelle fondation ;

                        c.

pour désigner les moniales d'une nouvelle fondation ;

                        d.

pour permettre à une moniale de suivre une vocation érémitique ;

                        e.

pour écarter une professe à vœux temporaires de la profession suivante ;

                        f.

pour recourir à l'Abbé Général afin qu'il demande une dispense de vœux solennels ;

                        g.

pour entreprendre la procédure de renvoi d'une professe à vœux solennels ou temporaires. 

ST 38.D

L'abbesse agit avec son conseil pour prononcer une déclaration du fait afin que le renvoi d'une moniale soit juridiquement établi selon le can. 694 § 2 du CIC.

 

C. 39              L'élection de l'abbesse 

1

A la vacance du siège, le gouvernement du monastère est assuré par la prieure. Elle ne fait aucun changement ni ne prend aucune décision importante à moins qu'une raison grave ne presse d'agir. Dans ce cas, elle est absolument tenue d'entendre le chapitre conventuel et, autant que possible, le Père Immédiat.

2

L'élection de l'abbesse se fait collégialement par le chapitre conventuel et les sœurs externes à vœux perpétuels. Le Père Immédiat, qui de droit préside à l'élection, ou son délégué, stimule parmi les sœurs l'esprit de foi et de discernement, afin qu'elles établissent sur la maison de Dieu une intendante qui en soit digne.

ST 39.2.A

A l'élection qui suit l'érection d'une fondation en monastère autonome, et jusqu'à ce que la communauté accède au statut de prieuré majeur, les professes à vœux temporaires qui totalisent au moins trois ans de profession, peuvent prendre part au scrutin, avec le consentement du chapitre conventuel.

 ST 39.2.B

Si le bien de la communauté le requiert, le Père Immédiat peut surseoir à l’élection au-delà de trois mois et proposer que la communauté passe au régime d’une supérieure ad nutum. Avant de le décider, il doit d'abord consulter le chapitre conventuel et obtenir le consentement de l'Abbé Général. Avant de choisir la personne de la supérieure ad nutum, il consulte de nouveau les sœurs. Au moment où le Chapitre Général se réunit, si un tel régime exceptionnel dure depuis plus de trois ans, le Père Immédiat, après avoir consulté préalablement la communauté, soumet le cas au Chapitre Général. 

3

Pour qu'une moniale puisse être élue abbesse, il faut qu'elle soit professe à vœux solennels dans l'Ordre depuis sept ans au moins. 

ST 39.3.A

La candidate doit être âgée d'au moins trente-cinq ans.

 ST 39.3.B

N'importe quelle sœur professe dans l'Ordre peut être élue abbesse, mais non l'abbesse d'un autre monastère ni une conseillère de l’Abbé Général à moins qu’elle ne soit membre de la communauté.

 4

L'abbesse ou la prieure d'un prieuré majeur est élue pour un temps non déterminé. Elle peut cependant être élue pour un temps déterminé selon les conditions établies par le Chapitre Général. La prieure d'un prieuré simple est élue selon les normes du Statut des Fondations. 

ST 39.4.A

Si le chapitre conventuel le demande à la majorité absolue des voix, il peut élire une abbesse  pour un temps déterminé de six ans.  

ST 39.4.B

Le président d'une élection est tenu, avant celle-ci, de demander au chapitre conventuel s'il désire élire une abbesse pour une durée déterminée de six ans.

ST 39.4.C

L'abbesse élue pour un temps déterminé peut toujours être réélue. 

ST 39.4.D

La date de l'élection est fixée de sorte qu'il n'y ait pas moins de quinze jours et pas plus de trois mois à partir du moment où la charge est vacante, à moins d'un juste empêchement. Dans le cas d'un mandat abbatial pour un temps déterminé, l'élection se fait aussitôt la fin du mandat. 

5

Pour qu'il y ait élection, la majorité absolue des voix est requise en ne comptant ni les bulletins nuls ni les abstentions.  Si cette majorité n'est pas obtenue aux premier et second scrutins, l'on procède à de nouveaux scrutins jusqu'à ce qu'elle soit obtenue. Le président d'une élection, avec le consentement du chapitre conventuel, a la faculté de limiter le nombre des scrutins pour le bien de la communauté. Pour une postulation, les deux tiers au moins des suffrages sont requis. 

6

L'élection doit être confirmée par l'Abbé Général. Chaque réélection demande une nouvelle confirmation par l'Abbé Général.

ST 39.6.A

Lorsque la confirmation est reçue, l'élue est installée et reçoit en temps opportun la bénédiction abbatiale. 

ST 39.6.B

Les actes de l'élection sont transmis sans délai à l'Abbé Général. 

ST 39.6.C

L'élection, l'installation et la bénédiction abbatiale se font selon le rituel de l'Ordre.

 

C. 40              La renonciation à la charge

 

Pour un juste motif l'abbesse peut présenter sa démission au Chapitre Général. Quand le Chapitre Général n’est pas réuni, elle la présente à l’Abbé Général qui agit en tant que Vicaire du Chapitre

ST 40.A

A soixante-quinze ans accomplis, l'abbesse offre spontanément sa démission.

ST 40.B

Quand une abbesse offre sa démission, le Père Immédiat est toujours entendu ; si le cas le demande, la pensée de la communauté est soigneusement recherchée et les supérieures proches sont aussi consultées si cela semble opportun. 

ST 40.B bis

Si pour une infirmité quelconque, l'abbesse est empêchée physiquement ou psychiquement, de remplir sa charge pastorale, il revient au Père Immédiat de s'en enquérir et de le vérifier en consultant des experts et avec le consentement du chapitre conventuel. S'il en est bien ainsi, il en rend compte à l'Abbé Général, et celui-ci, avec l' accord de son conseil, peut relever l'abbesse de sa charge.

S'il s'agit d'une autre cause, comme la captivité, la déportation ou l'exil (cf. can. 412 CIC), il revient au Père Immédiat, avec le consentement du chapitre conventuel, de demander à l'Abbé Général de suspendre, avec l' accord de son conseil, l'abbesse de l'exercice de sa charge. Le Père Immédiat désigne ensuite une supérieure ad nutum ou demande au chapitre conventuel de se choisir une supérieure temporaire.         

 ST 40.C

La moniale qui a quitté la communauté de sa profession pour exercer la charge abbatiale dans une autre communauté de l'Ordre peut reprendre sa première stabilité dans l’année qui suit sa démission ou la fin de son mandat.